Caractéristiques linguistiques des Canadiens

Faits saillants

Diversité linguistique

  • Plus de 200 langues ont été déclarées lors du Recensement de la population de 2011 comme langue parlée à la maison ou comme langue maternelle.

  • Le nombre de personnes déclarant parler le tagalog, langue originaire des Philippines, le plus souvent à la maison a connu la plus forte croissance (+64 %) entre 2006 et 2011. Près de 279 000 personnes ont déclaré parler cette langue à la maison comparativement à 170 000 en 2006.

  • En 2011, 80 % de la population déclarant parler une langue immigrante (c.-à.-d. autre que le français, l'anglais ou une langue autochtone) le plus souvent à la maison résidait dans l'une des six plus grandes régions métropolitaines de recensement du pays.

Utilisation de plus d'une langue à la maison

  • En 2011, 17,5 % de la population canadienne, soit 5,8 millions de personnes, a déclaré faire usage d'au moins deux langues à la maison. En 2006, 14,2 % en faisait autant (près de 4,5 millions).

  • En 2011, 11,5 % de la population a déclaré parler l'anglais et une autre langue que le français à la maison. En 2006, cette proportion était de 9,1 %. Il s'agit d'une augmentation de 960 000 personnes, comparativement à une augmentation de 410 000 entre 2001 et 2006.

Langues officielles

  • Alors que 20,6 % des Canadiens (6,8 millions de personnes) ont déclaré une langue maternelle autre que le français ou l'anglais, seulement 6,2 % des Canadiens parlaient une autre langue que le français ou l'anglais comme seule langue d'usage à la maison.

  • En 2011, 63,5 % de la population de langue maternelle autre que française ou anglaise déclarait parler l'anglais à la maison.

  • Près de 7 millions de Canadiens ont déclaré parler le français le plus souvent à la maison en 2011 comparativement à 6,7 millions en 2006. Toutefois, leur proportion au sein de la population canadienne était de 21,0 % comparativement à 21,4 % cinq ans plus tôt.

  • Au Québec, la proportion de la population ayant déclaré ne parler que le français à la maison a diminué, passant de 75,1 % à 72,8 % entre 2006 et 2011. Dans le reste du Canada, la proportion de la population ayant déclaré ne parler que l'anglais à la maison est passée de 77,1 % à 74,1 % entre 2006 et 2011.

  • Dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, l'utilisation unique du français à la maison poursuit sa baisse amorcée en 2001. Il en va de même pour la baisse relative de l'utilisation unique de l'anglais dans les régions métropolitaines de recensement de Toronto et de Vancouver.

Le bilinguisme français-anglais

  • Entre 2006 et 2011, le nombre de personnes ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans les deux langues officielles du Canada s'est accru de près de 350 000 personnes, atteignant 5,8 millions. Le taux de bilinguisme est passé de 17,4 % en 2006 à 17,5 % en 2011.

  • Cette hausse du bilinguisme français-anglais au Canada provient principalement de l'accroissement du nombre de Québécois déclarant pouvoir soutenir une conversation en français et en anglais.

Encadré : Comparabilité des données sur la langue entre les recensements de la population

Pour la première fois en 2011, trois questions sur la langue ont été posées dans le questionnaire du recensement qui a été distribué à 100 % de la population, c.-à-d. la connaissance des langues officielles, la langue parlée à la maison et la langue maternelle.

Les données linguistiques et les analyses publiées pour tous les recensements depuis 1996 étaient fondées presque exclusivement sur les réponses obtenues du questionnaire du recensement complet distribué à 20 % de la population.

Toutes les analyses de tendances de la présente diffusion et les produits connexes comparent les données du Recensement de 2011 aux données des recensements antérieurs obtenues du questionnaire complet.

L'évaluation des données portant sur la connaissance des langues officielles et la première langue officielle parlée indique qu'elles sont comparables à celles des recensements antérieurs.

Toutefois, Statistique Canada a constaté des changements dans la façon dont les Canadiens ont répondu aux questions sur la langue maternelle et la langue parlée à la maison. Ces changements semblent émaner des modifications apportées au positionnement et au contexte des questions linguistiques dans les questionnaires du Recensement de 2011 par rapport aux recensements antérieurs. Il en résulte que les Canadiens semblent avoir été moins portés que lors des recensements antérieurs à déclarer une langue autre que le français ou l'anglais comme seule langue maternelle, et plus enclins à déclarer plus d'une langue maternelle et plus d'une langue d'usage à la maison.

Il n'est pas inhabituel dans la recherche par enquête d'observer des changements dans les façons dont on répond aux questions lorsqu'on apporte des modifications à un questionnaire et, tout particulièrement, des modifications au contexte dans lequel s'insère une question.

Les utilisateurs de données sont invités à la prudence dans l'évaluation des tendances se rapportant à la langue maternelle et à la langue parlée à la maison lors de la comparaison des données du Recensement de 2011 aux données des recensements antérieurs.

En ce qui a trait aux données sur la langue maternelle, des comparaisons autres que celles effectuées dans cette présente analyse sont possibles en fonction des besoins de l'utilisateur, étant donné que la question sur la langue maternelle a été posée dans les questionnaires complets et abrégés des recensements antérieurs. Les utilisateurs devraient tenir compte des avantages ainsi que des limites de chaque ensemble de données.

Les lecteurs pourront consulter la publication à venir intitulée Document méthodologique sur les données linguistiques du Recensement de 2011, no 98-314‑X2011051 au catalogue pour une analyse détaillée des facteurs affectant la comparabilité des données sur la langue entre les recensements.

Le Recensement de la population de 2011 comporte trois questions sur les caractéristiques linguistiques des Canadiens. La première de ces questions porte sur la capacité de soutenir une conversation dans l'une et/ou l'autre des deux langues officielles du pays. La seconde porte sur a) la langue parlée le plus souvent à la maison et b) les autres langues parlées régulièrement, autres que celles parlées le plus souvent à la maison. La troisième question linguistique porte sur la langue maternelle, laquelle désigne la première langue apprise à la maison dans l'enfance et encore comprise au moment du recensement. Plusieurs concepts différents sont utilisés dans le présent document. Chacun se réfère à une dimension ou une pratique linguistique distincte. Les lecteurs peuvent se référer au Dictionnaire du recensement, no 98‑301‑X au catalogue, pour une définition de ces concepts.

Partie 1 : La diversité linguistique canadienne

La diversité linguistique du Canada est illustrée par le fait que plus de 200 langues ont été dénombrées comme langue d'usage à la maison ou comme langue maternelle lors du Recensement de la population de 2011.

Près de 6,6 millions de personnes ont déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais à la maison

Au Canada, 4,7 millions de personnes (14,2 % de la population) ont déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais le plus souvent à la maison et près de 1,9 million de personnes (5,8 %) ont déclaré parler ces langues de façon régulière, comme seconde langue (en plus du français ou de l'anglais)Note de bas de page 1. Au total, 20,0 % de la population canadienne a déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais à la maison.

Pour environ 6,4 millions de personnes, il s'agissait d'une langue immigranteNote de bas de page 2 parlée le plus souvent ou régulièrement à la maison, seule ou en combinaison avec l'anglais ou le français, alors que pour plus de 213 000 personnes, il s'agissait d'une langue autochtoneNote de bas de page 3. Finalement, le nombre de personnes ayant déclaré parler une langue des signes à la maison était près de 25 000 personnes (15 000 le plus souvent et 9 800 régulièrement).

La population parlant le tagalog le plus souvent à la maison a connu la plus forte croissance entre 2006 et 2011

La population ayant déclaré parler le tagalog, langue originaire des Philippines, le plus souvent à la maison est celle qui a augmenté le plus (+64 %) entre 2006 et 2011 (figure 1). Ainsi, en 2011, près de 279 000 personnes ont déclaré parler cette langue le plus souvent comparativement à 170 000 cinq ans plus tôt. Sept autres groupes linguistiques ont également connu une croissance de leur effectif supérieure à 30 %. Il s'agit de ceux parlant le mandarin (+51 %)Note de bas de page 4, l'arabe (+47 %), l'hindi (+44 %), le créole (+42 %), le bengali (+40 %), le persan (+33 %) et l'espagnol (+32 %). La population ayant déclaré l'une ou l'autre de ces sept langues comme principale langue d'usage à la maison regroupait près de 1,1 million de personnes en 2011 comparativement à plus de 810 000 en 2006.

Quatre langues présentées à la figure 1 ont connu une faible décroissance du nombre de personnes ayant déclaré les parler le plus souvent à la maison au cours de cette période. Trois d'entre elles sont des langues issues d'une immigration plus ancienne, soit l'italien, le polonais et le grec. La baisse du nombre de personnes ayant déclaré le « chinois » (n.d.a. – non déclaré ailleurs) reflète principalement le fait que les personnes étaient plus portées en 2011 à déclarer une langue chinoise précise telle que le mandarin ou le cantonais.

Les langues immigrantes dans les six plus grandes régions métropolitaines de recensement

Environ 9 Canadiens sur 10 ayant déclaré parler une langue immigrante le plus souvent à la maison résidaient dans une région métropolitaine de recensement (RMR). La plupart d'entre eux (80 %) résidaient dans les grandes RMR de Toronto, Montréal, Vancouver, Calgary, Edmonton et Ottawa ‑ Gatineau (tableau 1). Lorsqu'on inclut les personnes résidant dans les RMR de Hamilton, Winnipeg et Kitchener - Cambridge - Waterloo, cette proportion passe à 86 %.

Toronto : 1,8 million de personnes parlent une langue immigrante le plus souvent à la maison

Le recensement a dénombré environ 1,8 million de personnes parlant une langue immigrante le plus souvent à la maison à Toronto. De fait, la taille de cette population est deux fois et demie plus importante que celle de Vancouver, seconde RMR en importance à cet égard. Cinq langues regroupaient environ le tiers des locuteurs d'une langue immigrante à la maison à Toronto, soit le cantonais (8,8 %), le pendjabi (8,0 %), le chinois (n.d.a.)Note de bas de page 5 (7,0 %), l'ourdou (5,9 %) et le tamoul (5,7 %).

Montréal : l'arabe et l'espagnol rassemblent près du tiers des locuteurs d'une langue immigrante à la maison

À Montréal, 626 000 personnes ont déclaré parler une langue immigrante le plus souvent à la maison. Parmi elles, 17 % y parlaient l'arabe et 15 % l'espagnol. De toutes les RMR du pays, c'est celle de Montréal qui comptait la plus grande population de locuteurs de ces deux langues (108 000 et 95 000 personnes respectivement).

Parmi les autres langues immigrantes parlées le plus souvent à la maison, on compte l'italien (51 000), le chinois (n.d.a.) (35 000) et une langue créole (34 000). Au total, ces cinq langues immigrantes regroupaient plus de 50 % des locuteurs d'une langue immigrante comme principale langue d'usage au foyer.

Vancouver : le pendjabi est la principale langue immigrante d'usage à la maison

À Vancouver, 712 000 personnes ont déclaré une langue immigrante comme principale langue d'usage à la maison. Près de 18 % d'entre elles y parlaient le pendjabi. Suivaient les personnes ayant déclaré parler le cantonais, le chinois (n.d.a.) ou le mandarin le plus souvent à la maison. Ces trois langues rassemblaient 40 % de la population de Vancouver ayant une langue immigrante comme principale langue d'usage à la maison. Ainsi, Vancouver se distingue nettement des autres grandes RMR du fait que les quatre langues immigrantes d'usage les plus courantes rassemblaient plus de la moitié (57,7 %) de l'ensemble de la population y parlant une langue immigrante le plus souvent à la maison.

Calgary : le pendjabi et le tagalog sont les principales langues immigrantes d'usage à la maison

Dans la RMR de Calgary, 228 000 personnes ont déclaré parler une langue immigrante le plus souvent à la maison. Le pendjabi (27 000 personnes) et le tagalog (près de 24 000) étaient les langues immigrantes les plus déclarées comme principale langue d'usage au foyer. Suivaient les personnes ayant déclaré y parler le chinois (n.d.a.) (près de 21 000).

Edmonton : le tagalog et le pendjabi sont les langues immigrantes les plus déclarées comme langue d'usage à la maison

Bien qu'ayant une population moindre de personnes parlant une langue immigrante le plus souvent à la maison (166 000), Edmonton était assez semblable à Calgary en ce qui a trait aux principales langues immigrantes qui y étaient parlées. Ainsi, bien que l'ordre des langues diffère, les cinq langues immigrantes d'usage les plus courantes étaient les mêmes dans les deux RMR. Le pendjabi, le tagalog, le chinois (n.d.a.), l'espagnol et le cantonais regroupaient en effet 47 % des locuteurs d'une langue immigrante à Calgary comparativement à 45 % à Edmonton.

Ottawa - Gatineau : l'arabe et l'espagnol sont les langues immigrantes les plus déclarées comme langue d'usage à la maison

Dans la RMR d'Ottawa - Gatineau, près de 141 000 personnes ont déclaré parler le plus souvent une langue immigrante à la maison. La grande majorité de cette population (87 %) résidait dans la partie ontarienne de la RMR et seulement 13 % de cette population (soit environ 18 000 personnes) résidait du côté québécois. Du côté ontarien, l'arabe, le chinois (n.d.a.), l'espagnol et le mandarin étaient les langues immigrantes d'usage les plus courantes. Du côté québécois, l'arabe était également la plus courante suivie de l'espagnol, du portugais et du chinois (n.d.a.).

Pour plus d'information sur le sujet, les lecteurs peuvent se référer au document intitulé Les langues immigrantes au Canada, no 98‑314‑X2011003 au catalogue, de la série Recensement en bref.

Le nombre de personnes ayant déclaré parler plus d'une langue à la maison est à la hausse au Canada

En 2011, 17,5 % de la population canadienne, soit 5,8 millions de personnes, a déclaré faire usage d'au moins deux langues à la maisonNote de bas de page 6. En 2006, un peu moins de 4,5 millions de Canadiens (14,2 %) en faisaient autant.

C'est généralement dans les provinces où résident une plus grande proportion d'immigrants ainsi que celles où l'on trouve des régions de contact entre groupes autochtones et non autochtones ou entre francophones et anglophones que l'utilisation d'au moins deux langues à la maison était le plus répandue. Dans l'ensemble du Canada, le Nunavut était l'endroit où l'on comptait la plus forte proportion de la population ayant déclaré parler au moins deux langues au foyer, soit 47 %, suivi de l'Ontario avec 21 %.

Les deux tiers de la population parlant une langue non officielle au foyer le font en combinaison avec l'anglais ou le français

En 2011, parmi la population canadienne ayant déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais à la maison, 31,7 % n'y utilisait que cette langue (tableau 2). Cette langue était également parlée le plus souvent à la maison en combinaison avec l'utilisation régulière de l'anglais par plus de 1,3 million de Canadiens (19,8 %).

Inversement, l'anglais a été déclaré comme principale langue d'usage à la maison par plus de 2,5 millions de personnes qui y parlaient également une autre langue que le français de façon régulière. Quant à l'utilisation du français en combinaison avec une autre langue que l'anglais, 286 000 personnes (4,2 %) ont déclaré le parler le plus souvent alors que près de 144 000 (2,1 %) ont déclaré parler une langue « autre » le plus souvent et le français de façon régulière.

Partie 2 : La dualité linguistique : le français et l'anglais dans la société canadienne

Bien que le Canada soit de plus en plus diversifié sur le plan linguistique, les deux langues officielles du pays, le français et, dans une plus forte mesure, l'anglais, exercent une forte attraction comme langues de convergence et d'intégration à la société canadienne, notamment comme langues de travail, langues d'éducation et langues de service avec les administrations publiques.

La dualité linguistique du pays se traduit par le fait que 98 % de la population du pays a déclaré pouvoir soutenir une conversation en français ou en anglais. De même, le français ou l'anglais sont utilisés de façon au moins régulière à la maison par 94 % des Canadiens. Ces deux langues sont utilisées le plus souvent à la maison dans 89 % des cas. On avait observé la même situation lors du Recensement de la population de 2006.

En 2011, le français était la première langue officielle parléeNote de bas de page 7 de 7,7 millions de Canadiens, soit 23,2 % de la population, alors que l'anglais était la première langue officielle de 24,8 millions de Canadiens, soit 75,0 %. Le reste de la population (1,8 % ou près de 600 000 Canadiens) était essentiellement composé des personnes qui ne pouvaient soutenir une conversation ni en français ni en anglais.

En 2011, l'anglais était la langue maternelle de près de 58 % des Canadiens (ou 19,1 millions de personnes), et le français celle de près de 22 % de la population (ou 7, 2 millions de personnes). Quant à la langue parlée le plus souvent à la maison, 66 % des Canadiens y parlaient l'anglais et 21 % le françaisNote de bas de page 8.

Les deux langues officielles exercent une influence sur la (les) langue(s) d'usage à la maison. En 2011, bien que 20,6 % des Canadiens aient déclaré une langue maternelle autre que le français ou l'anglaisNote de bas de page 9, la plupart avaient aussi déclaré parler le français ou l'anglais à la maison. De fait, seulement 6,2 % des Canadiens ont déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais comme seule langue d'usage au foyer.

Étant donné que la langue parlée le plus souvent à la maison est celle qui sera probablement transmise aux enfants, l'usage fréquent de l'anglais ou du français par les parents à la maison a une influence sur la première langue que l'enfant apprendra à la maison. Par exemple, en 2011, parmi les enfants âgés de 17 ans ou moins dont les deux parents n'avaient ni le français ni l'anglais comme langue maternelle, 37 % s'étaient vu transmettre l'anglais (33 %) ou le français (4 %) comme langue maternelleNote de bas de page 10.

Langue maternelle

De 2006 à 2011, les changements observés dans les effectifs et les proportions des groupes de langue maternelle anglaise, française et « autres » sont affectés par des changements dans la façon dont on a répondu à la question sur la langue maternelle lors du Recensement de 2011. Veuillez vous référer à l'encadré intitulé Comparabilité des données linguistiques entre les recensements de la population dans la section sur les faits saillantsNote de bas de page 11.

La part de la langue maternelle anglaise demeure inchangée au pays

La population ayant déclaré une langue maternelle anglaise est demeurée inchangée à 57,8 % en 2011. La part de la population déclarant une langue maternelle autre que le français ou l'anglais est passée de 20,1 % en 2006 à 20,6 % en 2011 (tableau 3).

Légère baisse de la part de la langue maternelle française au pays

La proportion de la population ayant déclaré le français comme langue maternelle au Canada a connu une baisse entre 2006 et 2011, passant 22,1 % à 21,7 %. Cette diminution est cependant plus faible que ce à quoi on se serait attendu étant donné l'ampleur et la composition de l'immigration internationale au cours de la période 2006 à 2011, notamment des personnes de langue maternelle autre que française ou anglaise.

Au Québec : légère baisse de la langue maternelle française et légère hausse de la langue maternelle anglaise

Au Québec, 78,9 % de la population a déclaré avoir le français comme langue maternelle en 2011 comparativement à 79,6 % en 2006. Cette baisse a été plus faible que prévu pour les raisons déjà évoquéesNote de bas de page 12. La population déclarant avoir l'anglais comme langue maternelle s'est pour sa part accrue de plus de 40 000 personnes, passant de 8,2 % en 2006 à 8,3 % en 2011, une augmentation due en partie à la hausse des réponses multiples lors du Recensement de 2011.

Quant à la population ayant déclaré avoir une autre langue que le français ou l'anglais comme langue maternelle, sa proportion était de 12,8 % en 2011 comparativement à 12,3 % en 2006.

À l'extérieur du Québec : les groupes de langue maternelle française, anglaise et « autre » sont demeurés stables

À l'extérieur du Québec, la part de la langue maternelle anglaise est demeurée relativement inchangée, passant de 73,3 % de la population en 2006 à 73,1 % en 2011. Il en est de même des personnes ayant déclaré le français comme langue maternelle. Leur proportion était de 4,0 % en 2011 comparativement à 4,1 % en 2006. Leur effectif s'est accru de 32 400 personnes entre 2006 et 2011, un autre résultat en partie attribuable à l'augmentation des réponses multiplesNote de bas de page 13. Quant à la part des langues « autres », celle-ci représentait 23 % de la population résidant à l'extérieur du Québec en 2011 comparativement à 22,6 % en 2006.

Principale langue d'usage à la maison

Alors que le tableau 3 révèle que plus de 19 millions de personnes ont déclaré l'anglais comme langue maternelleNote de bas de page 14 en 2011, le tableau 4 révèle qu'environ 22 millions de personnes ont déclaré le parler le plus souvent à la maison. D'autre part, 6,8 millions de personnes ont déclaré une langue maternelle autre que le français ou l'anglais, tandis que 4,2 millions ont déclaré parler une autre langue que le français ou l'anglais le plus souvent à la maison. Le même phénomène s'applique au français : 7,2 millions de personnes l'ont déclaré comme leur langue maternelle comparativement à moins de 7 millions qui ont déclaré parler le plus souvent le français à la maison. 

Ces statistiques révèlent l'influence de l'anglais au Canada. Cette situation est particulièrement illustrée par la propension des personnes de langue maternelle autre que française ou anglaise de même que par une proportion importante de la population de langue maternelle française hors Québec à adopter l'anglais comme principale langue d'usage à la maison.

Dans l'ensemble du Canada, plus de 43 % de la population ayant une langue maternelle autre que le français ou l'anglais a déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maison en 2011. De même, à l'extérieur du Québec, 43 % de la population ayant le français comme seule langue maternelle a déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maisonNote de bas de page 15.

En 2011, 66,3 % de la population a déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maison comparativement à 66,7 % en 2006 (tableau 4). Au cours de la même période, la proportion de la population qui a déclaré parler le plus souvent une autre langue que le français ou l'anglais à la maison est passée de 11,9 % à 12,6 %.

Près de 7 millions de personnes ont déclaré parler le français le plus souvent à la maison au Canada en 2011, comparativement à 6,7 millions en 2006. De 2006 à 2011, leur proportion au sein de la population est passée de 21,4 % à 21,0 % (tableau 4). Cette croissance de leur effectif de même que la diminution de leur proportion ont été observées à la fois au Québec et dans le reste du Canada.

Le document intitulé Le français et la francophonie au Canada, no 98‑314‑X2011003 au catalogue, de la série Recensement en bref, présente de l'information plus détaillée sur le sujet.

Hausse de l'utilisation de plus d'une langue à la maison

La répartition des réponses multiples (entre les grands groupes linguistiques) à la question du recensement sur la langue parlée le plus souvent à la maison (tel que présenté au tableau 4) permet d'obtenir un portrait simplifié de l'utilisation prédominante des langues au foyer.

Toutefois, d'autres types de regroupement, notamment celui incluant l'utilisation principale et secondaire des langues, jettent un éclairage différent sur les changements observés entre 2006 et 2011 (tableau 5)Note de bas de page 16. Cela permet également de montrer que l'effectif et la proportion des personnes ayant déclaré parler le français ou l'anglais à la maison en combinaison avec une autre langue se sont accrus davantage entre 2006 et 2011 qu'au cours de la période quinquennale précédente.

Entre 2006 et 2011, la proportion de la population ayant déclaré ne parler que le français comme seule langue d'usage à la maison a diminué de 19,1 % à 18,2 %, soit une baisse comparable à celle observée pour la période 2001 à 2006 (laquelle passait de 19,8 % à 19,1 %) (tableau 5).

Les personnes ayant déclaré parler uniquement l'anglais à la maison représentaient 58,0 % de la population en 2011, soit une diminution par rapport à 60,3 % en 2006 et 61,6 % en 2001.

Quant à l'utilisation d'une langue autre que le français ou l'anglais seulement à la maison, sa part est demeurée stable à 6,5 % entre 2006 et 2011, alors qu'elle s'était accrue d'un point de pourcentage entre 2001 et 2006, soit de 5,5 % à 6,5 %.

La population ayant déclaré parler le français ou l'anglais en plus d'une autre langue s'est accrue de façon beaucoup plus importante entre 2006 et 2011 qu'entre 2001 et 2006. Ainsi, alors que 9,1 % de la population avait déclaré utiliser l'anglais et une autre langue que le français à la maison en 2006, cette proportion était de 11,5 % en 2011, soit une augmentation de 960 000 personnes. Entre 2001 et 2006, cette augmentation avait été d'environ 410 000Note de bas de page 17.

Au Québec, hausse des déclarations du français en combinaison d'une autre langue que l'anglais à la maison

Tout comme dans l'ensemble du Canada, on a observé une augmentation du nombre de Québécois ayant déclaré parler plus d'une langue à la maison. Ainsi, c'est la population ayant déclaré parler le français et une autre langue que l'anglais qui a connu la plus forte augmentation, passant de 3,8 % en 2006 à 5,0 % de l'ensemble de la population québécoise en 2011. Entre 2001 et 2006, la part de cette population était passée de 2,9 % à 3,8 % (tableau 6).

Au Québec, la proportion de la population ayant déclaré ne parler que le français à la maison a diminué, passant de 75,1 % à 72,8 % entre 2006 et 2011. Il s'agit d'une baisse similaire à celle observée entre 2001 et 2006.

La proportion de la population québécoise ayant déclaré n'utiliser que l'anglais a quant à elle diminué de 6,6 % à 6,2 % entre 2006 et 2011, alors qu'elle avait très peu varié entre 2001 et 2006.

Quant à la proportion de la population ayant déclaré n'utiliser qu'une langue autre que le français ou l'anglais, elle est demeurée inchangée à 4 % entre 2006 et 2011, alors qu'elle s'était accrue légèrement entre 2001 et 2006.

La population ayant déclaré parler l'anglais en plus d'une autre langue que le français à la maison de même que celle ayant déclaré parler le français et l'anglais se sont également accrues. En 2011, près de 600 000 personnes ont déclaré parler à la fois le français et l'anglais à la maison, soit 7,6 % de la population québécoise. En 2006, cette proportion était de 7,1 %Note de bas de page 18.

Usage accru du français à la maison chez les Québécois de langue maternelle autre que française ou anglaise

Au Québec, la proportion de la population de langue maternelle autre que française ou anglaise ayant déclaré ne parler qu'une langue « autre » à la maison est en baisse depuis 2001 (figure 2). Cette proportion est en effet passée de 32,8 % en 2001, à 32,1 % en 2006 puis à 30,5 % en 2011.

Au cours de la même période, la proportion de cette population ayant déclaré parler le français le plus souvent à la maison (seule ou en combinaison avec une autre langue que l'anglais) passait respectivement de 20,4 %, à 22,9 % puis à 24,1 %. De même, les déclarations d'usage régulier du français comme seconde langue d'usage à la maison (seule ou en combinaison avec une autre langue que l'anglais) se sont accrues, passant de 14,3 % en 2001 à 15,7 % en 2006 puis à 15,9 % en 2011.

La part de la population québécoise n'ayant ni le français ni l'anglais comme langue maternelle et qui a déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maison (seule ou en combinaison avec une autre langue que le français) représentait 19,7 % en 2011 comparativement à 20,3 % en 2006 et 22,1 % en 2001. Quant à ceux ayant déclaré parler régulièrement l'anglais comme seconde langue d'usage au foyer, leur proportion était de 10,2 % en 2011 comparativement à 11,3 % en 2006 et 11,9 % en 2001. Finalement, au cours de cette même période, la proportion de ceux ayant déclaré parler le français et l'anglais à égalité le plus souvent à la maison est passée de 1,9 % en 2001, à 1,5 % en 2006 puis à 2,5 % en 2011. Ces deux langues étaient également parlées à égalité de façon régulière (en plus d'une langue « autre » parlée le plus souvent) dans une proportion de 2,9 % en 2011, comparativement à 2,3 % en 2006 et 2,7 % en 2001.

Diminution de l'usage unique du français ou de l'anglais à la maison dans la RMR de Montréal

Dans la région métropolitaine de Montréal, la part de la population ayant déclaré ne parler que le français à la maison a poursuivi sa baisse amorcée en 2001. Alors que cette proportion était de 62,4 % en 2001 et de 59,8 % en 2006, elle se situait à 56,5 % en 2011 (tableau 7)Note de bas de page 19.

Quant à la population ayant déclaré ne parler que l'anglais à la maison, sa part relative est passée de 10,8 % à 9,9 % entre 2006 et 2011, alors que celle ayant déclaré parler seulement une autre langue que le français ou l'anglais est demeurée inchangée à 7 % au cours de cette période.

La proportion de la population de Montréal ayant déclaré parler le français en combinaison avec une autre langue que l'anglais a toutefois connu une croissance. Ainsi, en 2001 et en 2006, 5,2 % et 6,7 % respectivement de la population montréalaise avait déclaré une telle pratique à la maison. En 2011, c'était le cas de 8,7 % de la population. Entre 2006 et 2011, le nombre de personnes déclarant un tel comportement linguistique est passé de 239 000 personnes à plus de 329 000Note de bas de page 20

Baisse soutenue de l'utilisation unique de l'anglais à la maison à Toronto et Vancouver

Dans les régions métropolitaines de Toronto et de Vancouver, la proportion de la population ayant déclaré ne parler que l'anglais à la maison a poursuivi la baisse déjà observée entre 2001 et 2006 (tableaux 8 et 9).

À Toronto, 55,0 % de la population avait déclaré ne parler que l'anglais à la maison en 2011 comparativement à 59,1 % en 2006 et 62,5 % en 2001. À Vancouver, ces proportions étaient de 58,0 %, 62,0 % et 65,3 % respectivement.

De même, alors que la population ayant déclaré ne parler seulement qu'une langue autre que le français ou l'anglais à la maison avait connu une hausse entre 2001 et 2006, ces proportions avaient diminué en 2011 (14,3 % à Toronto et 15,4 % à Vancouver).

Cette baisse de l'utilisation unique de l'anglais ou de celle d'une langue autre que française ou anglaise a été compensée par une hausse très importante du nombre de personnes ayant déclaré parler à la fois l'anglais et une langue « autre » à la maison, en particulier des déclarations d'utilisation égale de ces deux langues au foyer. À Toronto, 20,7 % de la population avait déclaré un tel comportement linguistique en 2001 et 23,0 % en 2006. Cette proportion se situait à 27,6 % en 2011. À Vancouver, ces proportions étaient de 17,8 %, 19,7 % et 24,0 % respectivementNote de bas de page 21.

Le bilinguisme français-anglais au Canada

Entre 2006 et 2011, le nombre de personnes ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans les deux langues officielles du Canada s'est accru de près de 350 000 personnes pour atteindre 5,8 millions. Le taux de bilinguisme français-anglais est ainsi passé de 17,4 % à 17,5 % de la population.

Cette hausse du bilinguisme français-anglais au Canada provient principalement de l'accroissement du nombre de Québécois ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation en français et en anglais. Le Québec a en effet contribué à 90 % de l'accroissement net de l'effectif de ces personnes bilingues entre 2006 et 2011. En fait, 71 % de l'accroissement net du bilinguisme français-anglais au Canada est attribuable à la population de langue maternelle françaiseNote de bas de page 22 du Québec, notamment celle âgée de 15 à 49 ans.

Au Québec, le taux de bilinguisme français-anglais s'est accru de 40,6 % en 2006 à 42,6 % en 2011. Quant aux autres provinces, le bilinguisme a légèrement diminué. Les baisses les plus importantes ont été enregistrées  en Ontario, Manitoba et Colombie-Britannique, où dans chacun des cas le taux de bilinguisme a diminué d'un demi-point de pourcentageNote de bas de page 23.

Renseignements supplémentaires

Des renseignements supplémentaires sur la langue à divers échelons géographiques se trouvent dans les Faits saillants en tableaux, no 98‑314‑X2011002 au catalogue, Tableaux thématiques, nos 98‑314‑X2011016 à 98‑314‑X2011045, et nos 98‑314‑X2011048 à 98‑314‑X2011050 au catalogue, le Profil du recensement, no 98‑316‑X au catalogue, ainsi que dans le nouveau produit du recensement Série « Perspective géographique », no 98‑310‑X2011004 au catalogue.

Note aux lecteurs

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors du Recensement de 2011 tout en maintenant la qualité des résultats, on applique une méthode qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l'arrondissement aléatoire, les chiffres et les pourcentages peuvent varier légèrement d'un produit de recensement à un autre, comme le document analytique, les faits saillants en tableaux et les tableaux thématiques.

Remerciements

Le présent rapport a été rédigé par Jean-Pierre Corbeil, de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada, avec la collaboration des membres du personnel du Secrétariat des domaines spécialisés du recensement, de la Division de la statistique sociale et autochtone, de la Division de la géographie, de la Division des opérations du recensement, de la Division de la diffusion et de la Division des communications de Statistique Canada.

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