L'utilisation des langues en milieu de travail au Canada

Encadré 1 : Enquête nationale auprès des ménages

Ceci est la deuxième diffusion de données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM). Environ 4,5 millions de ménages à travers le pays ont été sélectionnés pour l'ENM, ce qui représentait environ le tiers de tous les ménages.

Le présent article de l'ENM en bref ainsi que l'article Le déplacement domicile-travail, no 99-012-X2011003 au catalogue, s'ajoutent au document analytique Portrait de la population active canadienne, no 99-012-X2011002 au catalogue.

Des renseignements supplémentaires sur l'Enquête nationale auprès des ménages sont présentés dans le Guide de l'utilisateur de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-001-X au catalogue. Des renseignements sur la qualité et la comparabilité des données de l'ENM sur la langue de travail figurent dans le Guide de référence sur les langues, Enquête nationale auprès des ménages, no 99-010-X2011007 au catalogue.

Près de 99 % des travailleurs du Canada déclarent faire usage du français ou de l'anglais dans le cadre de leur emploi

Selon de nouvelles données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, 98,7 % des travailleurs du Canada ont déclaré utiliser le français ou l'anglais au travail, soit le plus souvent, soit régulièrement (tableau 1.a).

Plus spécifiquement, l'anglais était utilisé au travail par 84,7 % de la population, dont 76,9 % le plus souvent, 1,7 % à égalité avec le français et 6,1 % de façon régulière, comme langue secondaire. En ce qui a trait au français, 25,3 % de la population a déclaré en faire usage au travail, dont 20,1 % le plus souvent, 1,7 % à égalité avec l'anglais et 3,5 % de façon régulière, comme langue secondaire.

Lors du Recensement de la population de 2006, la situation était semblable puisque 85,0 % de la population avait déclaré faire usage de l'anglais au travail et 25,7 % avait déclaré y utiliser le français (tableau 1.b).

Au Québec, en 2011, 93,9 % de la population a déclaré utiliser le français (81,7 % le plus souvent, 6,6 % de façon régulière et 5,5 % à égalité avec l'anglais). En ce qui a trait à l'anglais, 39,2 % ont déclaré en faire usage au travail, dont 12,0 % le plus souvent, 21,7 % régulièrement et 5,5 % à égalité avec le français.

Lors du Recensement de 2006, le français avait été déclaré comme langue de travail par 94,3 % des travailleurs du Québec. Comparativement à 2006, les travailleurs du Québec ont été proportionnellement un peu moins nombreux à déclarer utiliser le français ou l'anglais le plus souvent au travail en 2011 et plus nombreux à déclarer y parler ces deux langues à égalité.

Dans l'ensemble des provinces à l'extérieur du Québec, l'anglais domine largement comme langue de travail puisque 98,4 % de la population a déclaré en faire usage en 2011. Le français y est utilisé par 4,6 % de la population, dont 1,5 % le plus souvent, 2,5 % de façon régulière et 0,6 % à égalité avec l'anglais. Il s'agit d'une proportion semblable à celle des personnes déclarant utiliser une autre langue que le français ou l'anglais au travail, soit 4,7 % de la population, dont 1,5 % le plus souvent, 2,6 % régulièrement et 0,6 % à égalité avec une langue officielle. Lors du Recensement de 2006, ces proportions étaient pratiquement les mêmes.

Parmi l'ensemble des langues autres que française ou anglaise utilisées au travail, la famille des langues chinoises arrivait au premier rang en 2011. Le nombre de mentionsNote 1 d'utilisation d'une langue chinoise le plus souvent ou régulièrement au travail atteignait environ 224 000, soit 27,8 % des quelque 807 760 mentions d'une langue non officielleNote 2.

Près de 14 % des travailleurs du pays déclarent faire usage d'au moins deux langues au travail

En 2011, 2,65 millions de personnes (13,9 %) ont déclaré utiliser plus d'une langue au travail. Lors du Recensement de 2006, 2,76 millions de personnes avaient déclaré en faire autant, soit 15 %.

Parmi l'ensemble des régions métropolitaines de recensement (RMR) au pays, c'est dans la partie québécoise de celle d'Ottawa - Gatineau qu'on observe la plus forte proportion de travailleurs déclarant faire usage d'au moins deux langues au travail, soit 58,4 %. Suivent les RMR de Montréal (47,5 %), Moncton (36,7 %), Sherbrooke (28,7 %), Ottawa - Gatineau (partie ontarienne) [27,9 %] et celle du Grand Sudbury (23,2 %). Dans ces RMR, ces deux langues sont majoritairement le français et l'anglaisNote 3.

L'utilisation des langues officielles dans les principales régions de contact entre les groupes linguistiques

Les RMR où l'on observe les plus fortes proportions d'utilisation d'au moins deux langues au travail sont situées dans des régions de contacts fréquents entre les divers groupes linguistiques, généralement au Québec et dans les régions de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick situées près des frontières de cette province.

L'utilisation du français et de l'anglais au travail varie de façon importante au sein de ces RMR tant comme langues utilisées le plus souvent que de façon régulière, en plus de la langue principale (tableau 2.a).

En 2011, le français était la principale langue de travail de 71,8 % des travailleurs de la RMR de Montréal. Si l'on y ajoute l'utilisation du français à égalité avec l'anglais (8,6 %) et l'utilisation régulière de cette langue comme langue secondaire (10,1 %), le français est utilisé au travail par 90,5 % de la population de cette RMR.

Lors du Recensement de 2006, 91,2 % de la population de Montréal avait déclaré utiliser le français au travail (tableau 2.b). Toutefois, comparativement au Recensement de 2006, les travailleurs ont été moins portés dans l'ENM de 2011 à déclarer utiliser le français ou l'anglais le plus souvent et un peu plus portés à déclarer y utiliser ces deux langues à égalité.

Sur l'île de Montréal, là où se concentrent la plupart des travailleurs dont l'anglais est la première langue officielle parlée, le français y est moins utilisé. En 2011, cette langue était utilisée le plus souvent par 59,5 % des travailleurs. S'y ajoutaient 10,7 % de la population déclarant utiliser cette langue à égalité avec l'anglais et 14,5 % déclarant en faire un usage régulierNote 4. Lors du Recensement de 2006, les travailleurs avaient été moins portés à déclarer utiliser le français et l'anglais à égalité, soit 8,7 %.

Dans la RMR d'Ottawa - Gatineau, le français était utilisé le plus souvent au travail par 19,9 % des travailleurs en 2011, alors que 5,1 % déclaraient l'utiliser à égalité avec l'anglais et un autre 18,3 % en faisaient une utilisation régulière. Ces proportions sont très différentes selon que les travailleurs résident du côté québécois ou ontarien, le français étant beaucoup plus utilisé par les travailleurs de l'Outaouais québécois.

Dans les quatre RMR, les travailleurs ont été un peu plus portés à déclarer le français et l'anglais à égalité dans le cadre de leur emploi en 2011 qu'ils ne l'avaient fait lors du Recensement de 2006.

Renseignements supplémentaires

Des renseignements supplémentaires sur la langue de travail se trouvent dans les Tableaux de données de l'ENM, nos 99-012-X2011026 à 99-012-X2011029 au catalogue, le Profil de l'ENM, no 99-010-X au catalogue, ainsi que dans la Série « Perspective géographique » de l'ENM, no 99-010-X2011005 au catalogue.

Pour obtenir des détails au sujet des concepts, des définitions, des univers, des variables et des termes géographiques utilisés dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, veuillez consulter le Dictionnaire de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-000-X au catalogue. Pour des explications détaillées sur les concepts et des renseignements sur la qualité des données, veuillez vous reporter aux guides de référence sur le site Web du Programme du recensement.

Note aux lecteurs

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 tout en maintenant la qualité des résultats, on applique une méthode qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l'arrondissement aléatoire, les estimations et les pourcentages peuvent varier légèrement entre différents produits de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, notamment les documents analytiques et les tableaux de données.

Comparabilité entre les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 et les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 : Les utilisateurs doivent faire preuve de prudence lorsqu'ils comparent les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 avec les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, car ces deux sources de données représentent des populations différentes. La population cible du questionnaire complet du Recensement de 2006 comprend les résidents habituels dans les logements collectifs et les personnes vivant à l'étranger, alors que la population cible de l'ENM les exclut. De plus, les estimations de l'ENM sont dérivées d'une enquête à participation volontaire, et elles peuvent par conséquent, comporter davantage d'erreurs dues à la non-réponse que les estimations dérivées du questionnaire complet du Recensement de 2006.

Remerciements

Ce rapport a été rédigé par Jean-Pierre Corbeil, de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada, avec la collaboration de membres du personnel du Secrétariat des domaines spécialisés du recensement, de la Division de la statistique sociale et autochtone, de la Division de la géographie, de la Division des opérations du recensement, de la Division de la diffusion et de la Division des communications de Statistique Canada.

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