Recensement en bref
Les langues de travail au Canada


Date de diffusion : le 29 novembre 2017

Faits saillants

  • Le français et l’anglais sont les langues de convergence et d’intégration au marché du travail : en 2016, 99,2 % des travailleurs canadiens ont déclaré utiliser l’anglais ou le français au travail.
  • Au Québec, l’utilisation prédominante du français au travail est passée de 82,0 % en 2006 à 79,7 % en 2016. Cette baisse s’est produite principalement au profit de l’utilisation du français et de l’anglais à égalité, qui est passée de 4,6 % en 2006 à 7,2 % en 2016.
  • Au Canada hors Québec, 98,6 % des travailleurs ont déclaré utiliser l’anglais au moins sur une base régulière, et 9 travailleurs sur 10 ont déclaré utiliser uniquement l’anglais. Ces proportions sont semblables à celles observées en 2006.
  • La proportion de travailleurs qui utilisaient plus d’une langue au travail est passée de 14,9 % en 2006 à 15,4 % en 2016.
  • L’utilisation des langues tierces (autres que le français et l’anglais) au travail est demeurée stable à près de 5 % dans l’ensemble du pays. Par ailleurs, moins de 2 % de la population les utilisait de façon prédominante.
  • Plus de 6 travailleurs sur 10 (61,1 %) utilisaient une langue tierce, principalement l’inuktitut, au Nunavut, ce qui représente une baisse depuis 2006 (61,7 %).

Introduction

Les données du Recensement de 2016 ont permis de constater l’importance des migrations internationales dans l’évolution démographique de la population canadienne. Dans le contexte de la diversité ethnoculturelle et linguistique croissante de la population du pays, le français et l’anglais demeurent les langues de convergence et d’intégration à la société canadienne.

Le recensement recueille des données sur la langue de travail principalement afin de mesurer l’utilisation du français et de l’anglais en milieu de travail au Canada, en particulier au Québec et dans les régions de contact entre les populations de langue française et anglaise. Ces données permettent également d’étudier l’intégration linguistique des immigrants sur le marché du travail et à la société canadienne en général.

Ainsi, les données sur la langue de travail confirment l’importance des langues officielles canadiennes, le français et l’anglais, comme langues de communication dans l’espace publicNote 1. En effet, 99,2 % des Canadiens ayant occupé un emploi entre le 1er janvier 2015 et le 7 mai 2016 ont déclaré utiliser le français ou l’anglais au travail au moins sur une base régulière.

Le portrait de l’utilisation des langues au travail est plutôt stable dans l’ensemble du paysNote 2. La proportion des travailleurs qui ont déclaré utiliser l’anglais est passée de 85,0 % en 2006 à 85,8 % en 2016 (tableau 1), ce qui représente une croissance de 1 538 205 personnes. À l’inverse, et malgré une croissance de leur effectif de 277 015 personnes, la part des travailleurs faisant un usage au moins régulier du français au travail a connu une baisse dans l’ensemble du pays, passant de 25,7 % en 2006 à 25,0 % en 2016. Moins de 5 % des travailleurs canadiens ont déclaré utiliser une langue tierceNote 3 en 2016. Pour plus de la moitié d’entre eux, soit 2,6 %, elle n’est pas la langue de travail principale, mais est utilisée régulièrement en plus du français ou de l’anglais.

La proportion des travailleurs qui utilisent plus d’une langue a connu une légère croissance. Elle est passée de 14,9 % en 2006 à 15,4 % en 2016.

Tableau 1
Utilisation du français, de l'anglais et des langues tierces au travail, Canada, Québec et Canada hors Québec, 2006 et 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Utilisation du français Anglais, Français, Langues tierces, 2006 et 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en‑tête de colonne).
Anglais Français Langues tierces
2006 2016 2006 2016 2006 2016
pourcentage
Canada
UniquementTableau 1 Note 1 70,2 70,7 14,1 13,3 0,8 0,8
SurtoutTableau 1 Note 2 6,2 5,8 6,2 5,9 0,6 0,6
À égalité avec une autre langueTableau 1 Note 3 1,9 2,9 1,5 2,2 0,6 0,9
Régulièrement (en plus de la langue principale)Tableau 1 Note 4 6,7 6,4 4,0 3,6 2,7 2,6
Total des mentions 85,0 85,8 25,7 25,0 4,6 4,9
Québec
UniquementTableau 1 Note 1 4,6 4,6 58,6 56,5 0,4 0,3
SurtoutTableau 1 Note 2 7,8 7,4 23,4 23,2 0,4 0,4
À égalité avec une autre langueTableau 1 Note 3 4,7 7,4 4,7 7,4 0,4 0,6
Régulièrement (en plus de la langue principale)Tableau 1 Note 4 23,3 23,1 7,7 7,2 1,6 1,6
Total des mentions 40,4 42,5 94,3 94,4 2,8 2,9
Canada hors Québec
UniquementTableau 1 Note 1 90,0 90,1 0,6 0,6 0,9 0,9
SurtoutTableau 1 Note 2 5,7 5,4 1,0 0,8 0,7 0,7
À égalité avec une autre langueTableau 1 Note 3 1,1 1,6 0,5 0,7 0,6 1,0
Régulièrement (en plus de la langue principale)Tableau 1 Note 4 1,7 1,5 2,9 2,6 3,0 2,9
Total des mentions 98,4 98,6 4,9 4,6 5,2 5,4

L’utilisation du français à égalité avec l’anglais au travail est en croissance au Québec

Dans l’ensemble du Québec, l’utilisation au moins régulière du français au travail (94,4 %) est demeurée plutôt stable entre 2006 et 2016. Toutefois, la proportion de travailleurs ayant déclaré utiliser cette langue de façon prédominante a diminué, passant de 82,0 % à 79,7 %.

Quant à l’anglais, bien que 42,5 % des travailleurs du Québec aient utilisé cette langue au travail en 2016 (comparativement à 40,4 % en 2006), son utilisation prédominante comme langue de travail est passée de 12,4 % en 2006 à 12,0 % en 2016.

La croissance de l’utilisation de l’anglais au travail au Québec est due à plusieurs facteurs, incluant des croissances dans certaines professions où les personnes sont plus susceptibles d’utiliser l’anglais au travail et l’évolution de certains secteurs d’industrie. Par exemple, le nombre de travailleurs utilisant l’anglais dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques est passé de 158 055 en 2006 (60,3 % des travailleurs du secteur) à 194 640 en 2016 (62,8 % des travailleurs du secteur). La croissance de l’utilisation de l’anglais au travail a aussi été observée dans certaines régions et certaines villes de la province. À l’échelle locale, les croissances ne sont pas seulement dues aux facteurs mentionnés plus haut, mais également à ce qu’on observe dans les industries locales.

La baisse de l’utilisation prédominante du français au travail, tout comme celle de l’anglais, s’est traduite par une hausse de la part des travailleurs qui y utilisent le français à égalité avec l’anglais. En effet, 7,2 % des travailleurs du Québec ont déclaré utiliser le français et l’anglais à égalité en 2016, comparativement à 4,6 % en 2006Note 4.

L’utilisation des langues tierces en combinaison avec une langue officielle connaît également une croissance. Cette situation concernait 2,6 % des travailleurs québécois en 2016, comparativement à 2,4 % en 2006.

Augmentation de l’utilisation prédominante du français chez les travailleurs de langue maternelle anglaise ou tierce au Québec

Au Québec, les travailleurs de langue maternelleNote 5 anglaise ou tierce sont de plus en plus nombreux à utiliser le français comme langue principale de travail ou à égalité avec l’anglaisNote 6 (tableau 2). En 2016, 48,1 % des travailleurs de langue maternelle tierce utilisaient principalement (uniquement ou surtout) le français au travail, comparativement à 46,5 % en 2006. De même, 24,7 % des travailleurs de langue maternelle anglaise utilisaient principalement le français au travail en 2016, comparativement à 23,3 % en 2006. Chez ces deux groupes, l’utilisation du français à égalité avec l’anglais a également connu une croissance importante depuis 2006, soit de près de six points de pourcentage chez le premier et de près de quatre points chez le second.

À l’inverse, 91,4 % des travailleurs de langue maternelle française ont déclaré utiliser principalement le français au travail en 2016, en baisse par rapport à 2006 (93,0 %). Cette baisse s’est produite principalement au profit de la hausse de la proportion de ces travailleurs qui utilisent le français à égalité avec une autre langue, l’anglais dans la plupart des cas. Ainsi, entre 2006 et 2016, la proportion des travailleurs de langue maternelle française qui utilisaient le français à égalité avec une autre langue au travail est passée de 2,9 % à 4,3 %Note 7.

Tableau 2
Utilisation du français au travail selon la langue maternelle, Québec, 2006 et 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Utilisation du français au travail selon la langue maternelle. Les données sont présentées selon Utilisation du français au travail (titres de rangée) et Langue maternelle, Anglais, Français, Langues tierces, 2006 et 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en‑tête de colonne).
Utilisation du français au travail Langue maternelleTableau 2 Note 1
Anglais Français Langues tierces
2006 2016 2006 2016 2006 2016
pourcentage
UniquementTableau 2 Note 2 6,1 7,0 69,3 67,6 21,4 25,0
SurtoutTableau 2 Note 3 17,2 17,7 23,7 23,8 25,1 23,1
À égalité avec une autre langueTableau 2 Note 4 8,2 12,1 2,9 4,3 12,8 18,6
Régulièrement (en plus de la langue principale)Tableau 2 Note 5 36,4 33,0 3,4 3,5 18,0 14,1
Total des mentions 68,0 69,8 99,2 99,2 77,4 80,9

L’anglais est utilisé au moins régulièrement par presque tous les travailleurs au Canada hors Québec

Au Canada hors Québec, 98,6 % des travailleurs ont déclaré utiliser l’anglais au moins sur une base régulière. En outre, 9 travailleurs sur 10 ont déclaré utiliser uniquement l’anglais. Ces proportions sont stables depuis 2001. Moins de 6 % des travailleurs ont déclaré utiliser une langue tierce au travail.

Le portrait de l’utilisation des langues au travail est plus complexe dans certaines régions où plusieurs groupes linguistiques se côtoient, comme les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Moncton, d’Ottawa-Gatineau et de Sudbury. C’est également le cas dans la RMR de Montréal, où le français et l’anglais sont présents.

Recul de l’utilisation du français par les travailleurs dans plusieurs régions de contact entre les populations de langues française et anglaise

Le français et l’anglais cohabitent étroitement dans les RMR de Moncton, d’Ottawa-Gatineau et du Grand Sudbury. Dans chacune de ces trois RMR, les tendances observées sont les mêmes : hausse de l’utilisation globale de l’anglais (de 94,0 % à 94,4 % à Moncton, de 91,1 % à 91,6 % à Ottawa-Gatineau et de 97,3 % à 98,0 % dans le Grand Sudbury) et baisse de l’utilisation globale du français (de 44,1 % à 43,7 % à Moncton, de 44,7 % à 43,9 % à Ottawa-Gatineau et de 28,2 % à 25,4 % dans le Grand Sudbury) de 2006 à 2016. Dans tous les cas, on observe une hausse de l’utilisation de l’anglais comme langue de travail à égalité avec une autre langue. L’utilisation du français à égalité avec une autre langue est en croissance dans chacune de ces RMR, mais son utilisation tant prédominante (uniquement ou surtout) que secondaire (en plus de la principale langue de travail) recule.

Dans la RMR de Montréal, l’utilisation prédominante (uniquement ou surtout) du français est passée de 72,2 % en 2006 à 69,6 % en 2016. Il en va de même pour l’anglais, dont l’utilisation prédominante a connu un recul entre 2006 (19,1 %) et 2016 (17,9 %). C’est l’utilisation à égalité avec une autre langue qui explique l’augmentation globale de l’utilisation du français (de 91,5 % en 2006 à 91,8 % en 2016) comme de l’anglais (de 55,8 % en 2006 à 57,8 % en 2016) à Montréal.

L’utilisation des langues tierces au travail est concentrée à Toronto, Vancouver et Montréal

Dans le contexte de diversité linguistique qui caractérise la société canadienne, les langues tierces (autres que le français et l’anglais) occupent une place croissante comme langue maternelle ou comme langue d’usage à la maisonNote 8. Sur le marché du travail, toutefois, leur utilisation demeure limitée. Ainsi, seuls 4,9 % des travailleurs canadiens (970 915 personnes) font usage de ces langues au travail, dont 2,3 % comme langue prédominante ou à égalité avec une langue officielle (2,0 % en 2006).

En 2016, 80,3 % des travailleurs qui ont déclaré utiliser une langue tierce étaient des immigrants ou des résidents non permanents. De plus, 86,1 % des travailleurs qui ont déclaré utiliser une langue tierce au travail étaient de langue maternelle tierce.

En 2016, l’utilisation des langues tierces au travail s’observait tout particulièrement dans certains secteurs d’emploi. Près de la moitié de l’ensemble de la population utilisant une langue tierce au travail occupait un emploi dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration (11,6 %), du commerce de détail (10,3 %), des soins de santé et de l’assistance sociale (10,1 %), de la fabrication (9,3 %) et de la construction (8,0 %).

La proportion de travailleurs qui utilisent une langue tierce au travail surpasse la moyenne nationale (4,9 %) dans trois provinces et deux territoires. Il s’agit du Manitoba (5,5 %), de l’Ontario (5,6 %), des Territoires du Nord‑Ouest (6,8 %), de la Colombie‑Britannique (8,9 %) et du Nunavut (61,1 %). Dans les Territoires du Nord‑Ouest et au Nunavut, les principales langues tierces utilisées au travail sont des langues autochtonesNote 9.

L’utilisation des langues tierces au travail est également très concentrée géographiquement : 64,5 % des travailleurs qui utilisent une langue tierce au Canada résident dans l’une des trois grandes RMR du pays, soit Toronto (33,5 %), Vancouver (21,1 %) et Montréal (9,9 %), trois régions métropolitaines où se concentrent la majorité des immigrants au CanadaNote 10. Quatre autres RMR comptent plus de 20 000 personnes qui utilisent une langue tierce au travail, soit Calgary (4,4 %), Edmonton (3,2 %), Winnipeg (2,2 %) et Ottawa-Gatineau (2,2 %). Le tableau 3 présente les principales langues tierces utilisées au travail au Canada et dans chacune de ces grandes RMR.

Tableau 3
Principales langues tierces utilisées au travailTableau 3 Note 1, Canada, régions métropolitaines de recensement de Montréal, Toronto, Vancouver, Ottawa-Gatineau, Winnipeg, Calgary et Edmonton, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Principales langues tierces utilisées au travail nombre(figurant comme en‑tête de colonne).
nombre
Canada
Mandarin 147 365
Cantonais 126 985
Pendjabi 97 550
Espagnol 96 525
Tagalog (pilipino) 46 965
Montréal
Espagnol 25 435
Arabe 12 550
Italien 9 055
Mandarin 7 905
Cantonais 4 815
Toronto
Mandarin 58 975
Cantonais 54 670
Pendjabi 27 430
Espagnol 24 500
Portugais 18 835
Vancouver
Mandarin 57 355
Cantonais 48 315
Pendjabi 39 475
Coréen 11 235
Espagnol 7 860
Ottawa-Gatineau
Arabe 4 350
Espagnol 3 545
Mandarin 2 745
Cantonais 1 365
Vietnamien 840
Winnipeg
Tagalog (pilipino) 7 200
Pendjabi 2 440
Mandarin 1 385
Cantonais 1 370
Espagnol 1 065
Calgary
Cantonais 6 355
Pendjabi 6 330
Espagnol 5 620
Tagalog (pilipino) 4 850
Mandarin 4 205
Edmonton
Pendjabi 4 540
Tagalog (pilipino) 4 015
Cantonais 3 760
Espagnol 3 160
Mandarin 2 705

Dans les trois plus grandes RMR, l’utilisation des langues tierces au travail est plus répandue à Vancouver (14,1 %) qu’à Toronto (9,5 %) et Montréal (4,2 %). Vancouver compte une forte concentration de personnes ayant le cantonais, le mandarin ou le pendjabi comme langue maternelleNote 11, un contexte qui favorise une utilisation répandue de ces langues tant dans la sphère privée que publique. Dans la subdivision de recensement (SDR) de Richmond, qui fait partie de la RMR de Vancouver, 30,4 % des travailleurs utilisent une langue tierce au travail. Il s’agit de la proportion la plus élevée parmi les SDR de plus de 200 000 habitantsNote 12. De plus, Vancouver se distingue par sa proportion plus élevée d’utilisation des langues tierces chez les cohortes d’immigration plus anciennes. On constate en effet que même parmi les immigrants de langue maternelle tierce arrivés au pays entre 1991 et 2000, le degré d’utilisation des langues tierces au travail atteint près de 35 % (graphique 1).

Graphique 1 Utilisation des langues tierces au travail par les immigrants de langue maternelle tierce, selon la période d’immigration, régions métropolitaines de recensement de Montréal, Toronto et Vancouver, 2016

Tableau de données du graphique 1
Utilisation des langues tierces au travail par les immigrants de langue maternelle tierceTableau de Note 1, selon la période d’immigration, régions métropolitaines de recensement de Montréal, Toronto et Vancouver, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Avant 1981, 1981 à 1990, 1991 à 2000, 2001 à 2005, 2006 à 2010 et 2011 à 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en‑tête de colonne).
Avant 1981 1981 à 1990 1991 à 2000 2001 à 2005 2006 à 2010 2011 à 2016
pourcentage
Montréal 14,7 15,3 15,1 13,4 14,4 22,0
Toronto 14,9 19,9 19,8 21,0 25,8 28,7
Vancouver 20,4 29,5 34,3 34,6 39,2 42,5

Le graphique 1 démontre également que l’utilisation des langues tierces au travail par les immigrants de langue maternelle tierce est beaucoup plus fréquente chez les immigrants récents que chez les immigrants établis depuis plus longtemps, une situation qui témoigne de la force de convergence du français et de l’anglais comme langues de travail au fur et à mesure que se prolonge la durée d’établissement des immigrants au pays.

Parmi les travailleurs de langue maternelle tierce dans ces trois RMR, l’utilisation des langues tierces au travail a connu un recul entre 2006 et 2016. Ainsi, leur proportion est passée de 17,1 % en 2006 à 14,6 % en 2016 à Montréal, de 21,5 % à 19,9 % à Toronto, et de 32,2 % à 31,4 % à Vancouver.

Cette baisse est principalement attribuable à deux facteurs. D’une part, en 2016, une proportion plus faible des immigrants récents de langue maternelle tierce au Canada se sont établis à Toronto, Montréal et Vancouver comparativement à la proportion de l’ensemble de la population de langue maternelle tierce vivant dans ces trois régions métropolitaines. Alors que 61,6 % de l’ensemble des travailleurs de langue maternelle tierce au pays résidaient dans ces trois grandes RMR en 2016, cette proportion s’établissait à 54,4 % parmi les travailleurs immigrants récents. En termes relatifs, les provinces des Prairies ont exercé une plus forte attraction chez les immigrants récents. D’autre part, la moins forte concentration des travailleurs immigrants récents vivant dans ces trois RMR y entraîne une baisse relative de l’utilisation des langues tierces au travail par la population de langue maternelle tierce.

Plus de 6 travailleurs sur 10 utilisent une langue tierce au Nunavut

Le nombre de travailleurs utilisant une langue tierce au travail au Nunavut est passé de 8 760 en 2006 à 10 375 en 2016. Leur part de l’ensemble des travailleurs est toutefois passée de 61,7 % à 61,1 % au cours de cette période. Presque tous les travailleurs du Nunavut qui utilisaient une langue tierce utilisaient l’inuktitut. En 2016, 59,1 % des travailleurs du Nunavut (10 040 personnes) utilisaient l’inuktitut au travail au moins sur une base régulière.

La proportion de travailleurs qui utilisent une langue tierce au travail est très importante dans certaines SDR. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de SDR qui comptent une forte population autochtone. Par exemple, 37,9 % des travailleurs d’Iqaluit utilisent une langue tierce au travail, principalement l’inuktitut (37,4 %). Par ailleurs, quatre SDR comptent au moins 1 000 travailleurs qui utilisent une langue tierce au travail, et qui représentent plus de 50 % des travailleurs. Il s’agit de Mistissini (86,1 %), Chisasibi (86,0 %) et Kuujjuaq (60,3 %) au Québec, et de Rankin Inlet (64,3 %) au Nunavut. Dans les deux premiers cas, la principale langue tierce utilisée au travail est le cri. Dans les deux autres cas, il s’agit de l’inuktitut.  

Sources des données, méthodes et définitions

Sources des données

Les données utilisées dans le cadre de cette analyse proviennent du Recensement de la population de 2016. Des informations additionnelles sur le recensement se trouvent dans le Guide du Recensement de la population, 2016, no 98‑304‑X au catalogue.

Des renseignements précis sur la qualité et la comparabilité des données du recensement sur la langue de travail se trouvent dans le Guide de référence sur les langues, Recensement de la population, 2016, no 98‑500‑X2016003 au catalogue.

Méthodes

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors du Recensement de 2016, on applique une méthode aux données qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l’arrondissement aléatoire, les chiffres et les pourcentages peuvent varier légèrement d’un produit de recensement à un autre, comme les documents analytiques, les faits saillants en tableaux et les tableaux de données.

Définitions

La langue maternelle désigne la première langue apprise dans l’enfance et encore comprise.

Le Recensement de la population comporte, depuis 2001, une question à deux volets sur la ou les langues utilisées au travail. Le premier volet concerne la langue utilisée le plus souvent au travail (volet A). Le second volet concerne la ou les langues utilisées régulièrement au travail en plus de la langue principale, le cas échéant (volet B). En 2016, cette question a été posée aux Canadiens âgés de 15 ans et plus ayant occupé un emploi entre le 1er janvier 2015 et le 7 mai 2016 (le jour du recensement étant le 10 mai 2016). Pour chacun des deux volets, des réponses multiples étaient acceptées. Dans le présent article, les statistiques sur une langue utilisée au travail comprennent, sauf mention contraire, toutes les personnes qui ont déclaré cette langue au volet A ou B, seule ou en combinaison avec une autre langue.

L’utilisation prédominante d’une langue désigne l’utilisation de cette langue comme seule langue utilisée le plus souvent au travail (réponses uniques au volet A), en combinaison avec une autre langue utilisée régulièrement au travail (volet B) ou non.

L’expression « langues tierces » désigne toutes les langues autres que le français et l’anglais. On retrouvera également dans certains produits de données l’expression « langues non officielles » qui désigne la même catégorie.

Veuillez consulter le Dictionnaire, Recensement de la population, 2016, no 98‑301‑X au catalogue, pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les variables du recensement.

Renseignements supplémentaires

Des analyses supplémentaires sur la langue de travail se trouvent dans l’article du Quotidien sur le travail du 29 novembre 2017.

Des renseignements supplémentaires sur la langue de travail se trouvent dans les Tableaux de données, nos 98‑400‑X2016085 à 98‑400‑X2016095 au catalogue; dans le Profil du recensement, no 98‑316‑X2016001 au catalogue; et dans la Série « Perspective géographique », no 98‑404‑X2016001 au catalogue.

Pour obtenir des détails au sujet des concepts, des définitions et des variables utilisés dans le cadre du Recensement de la population de 2016, veuillez consulter le Dictionnaire, Recensement de la population, 2016, no 98‑301‑X au catalogue.

En plus des taux de réponse et d’autres renseignements relatifs à la qualité des données, le Guide du Recensement de la population, 2016, no 98‑304‑X au catalogue, présente un aperçu des diverses étapes du recensement, incluant la détermination du contenu, l’échantillonnage, la collecte, le traitement des données, l’évaluation de la qualité, les règles de confidentialité ainsi que la diffusion.

Remerciements

Ce rapport a été élaboré par Jean‑François Lepage et Jean‑Pierre Corbeil de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada, avec l’apport d’autres membres de cette division, et la collaboration du personnel du Secrétariat des domaines spécialisés du recensement, de la Division des opérations du recensement, et de la Direction des communications et de la diffusion de Statistique Canada.

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