Les peuples autochtones et la langue

Encadré 1 : Enquête nationale auprès des ménages

Ceci est la première diffusion de données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM). Environ 4,5 millions de ménages à travers le pays ont été sélectionnés pour l'ENM et représentaient environ un tiers de tous les ménages.

Le présent ENM en bref est un complément au document analytique Les peuples autochtones au Canada : Premières Nations, Métis et Inuits, no 99-011-X2011001 au catalogue.

Des renseignements supplémentaires sur l'Enquête nationale auprès des ménages sont présentés dans le Guide de l'utilisateur de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-001-X au catalogue. Des renseignements sur la qualité des données de l'ENM sur les peuples autochtones sont présentés dans le Guide de référence sur les peuples autochtones, Enquête nationale auprès des ménages, no 99-011-X2011006 au catalogue.

Environ un Autochtone sur six peut soutenir une conversation dans une langue autochtone

D'après l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, 240 815 Autochtones, ou 17,2 % de la population qui avait une identité autochtone, ont répondu qu'ils pouvaient soutenir une conversation dans une langue autochtoneNote de bas de page 1, Note de bas de page 2, Note de bas de page 3, Note de bas de page 4 (tableau 1). En comparaison, cette proportion s'élève à 21,0 %Note de bas de page 5 selon les données du Recensement de la population de 2006. Entre 2006 et 2011, le nombre d'Autochtones ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone a diminué de 2,0 %, tandis que la population d'identité autochtone a augmenté de 20,1 %.

Dans les trois groupes autochtonesNote de bas de page 6 (Premières NationsNote de bas de page 7, Métis et Inuit), la plus forte proportion ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone a été observée chez les Inuits. En 2011, 63,7 % des Inuits ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone, surtout l'inuktitut. La proportion était de 22,4 % parmi les Premières Nations, et de 2,5 % parmi les Métis.

En plus de s'intéresser à la capacité de soutenir une conversation dans une langue autochtone, l'ENM a recueilli des renseignements sur la langue maternelle et la langue parlée à la maison, afin de donner un portrait plus complet des caractéristiques linguistiques de la population autochtone.

En 2011, 14,5 % de la population autochtone a déclaré une langue autochtone comme langue maternelleNote de bas de page 8, définie comme la première langue apprise à la maison dans l'enfance et encore comprise par le répondant au moment de l'enquête.

De plus, 14,0 % des Autochtones ont déclaré parler une langue autochtone à la maison : 8,5 % la parlaient le plus souvent, tandis que 5,5 % la parlaient régulièrement, en plus de la langue qu'ils parlaient le plus souvent.

La plupart des Autochtones peuvent soutenir une conversation en anglais ou en français

La grande majorité (99,2 %) des Autochtones ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en anglais ou en français, tandis que 10 650, ou moins de 1 % ont déclaré ne pas pouvoir soutenir une conversation dans l'une ou l'autre des langues officielles (tableau 2). Dans les trois groupes autochtones, une plus forte proportion d'Inuits (8,5 %) a déclaré ne connaître ni l'anglais ni le français.

Le taux de bilinguisme français-anglais était plus faible pour la population autochtone que pour la population non autochtone : 10,5 % des Autochtones ont déclaré être en mesure de soutenir une conversation dans les deux langues officielles du Canada, comparativement à 17,9 % de la population non autochtone.

Dans les trois groupes autochtones, les Métis affichaient le plus haut taux de bilinguisme français-anglais (17,3 %), une proportion presque identique à celle de la population non autochtone.

Parmi les 147 045 Autochtones qui pouvaient soutenir une conversation en français et en anglais, 49,8 % ont déclaré que le français était leur seule langue maternelle, et 41,4 % ont déclaré l'anglais comme seule langue maternelle, tandis qu'une proportion de 5,9 % avait une langue autochtone comme seule langue maternelle.

Certains Autochtones acquièrent une langue autochtone comme langue seconde

Les Autochtones étaient plus nombreux à avoir déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone qu'à avoir une langue autochtone comme langue maternelle. En 2011, 240 815 Autochtones ont déclaré qu'ils pouvaient soutenir une conversation dans une langue autochtone, tandis que 202 495 Autochtones ont déclaré avoir une langue autochtone comme langue maternelle (tableau 3). Ce résultat suppose que certains Autochtones ont acquis une langue autochtone comme langue seconde.

Parmi les 240 815 Autochtones qui ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone, 188 540 ou 78,3 % ont déclaré cette même langue comme leur langue maternelle.

Les autres 52 275, ou 21,7 % ont déclaré une langue différente, tel l'anglais ou le français, comme langue maternelle, ce qui porte à croire que ces personnes ont acquis une langue autochtone comme langue seconde. La proportion était de 35,3 % pour les Métis, de 23,1 % pour les Premières Nations et de 10,2 % pour les Inuits.

D'après l'ENM de 2011, 4 305 non-Autochtones ont déclaré connaître une langue autochtone. La plupart d'entre eux (80,5 %) ne l'ont pas déclarée comme langue maternelle et l'ont donc acquise comme langue seconde.

Moins d'un Autochtone sur dix ayant déclaré une langue maternelle autochtone a perdu sa capacité de soutenir une conversation dans cette langue

Parmi les 202 495 Autochtones qui ont déclaré une langue autochtone comme langue maternelle, 13 955 ou 6,9 % ne pouvaient plus soutenir une conversation dans cette langue, même s'ils la comprenaient encoreNote de bas de page 9 (tableau 4).

La proportion était de 12,0 % pour les Métis, de 7,6 % pour les Premières Nations et de 2,5 % pour les Inuits. En outre, les non-Autochtones qui ont déclaré une langue autochtone pour langue maternelle étaient plus susceptibles de perdre leur capacité de soutenir une conversation dans leur langue maternelle, 33,1 % d'entre eux ne pouvant plus soutenir une conversation dans cette langue.

Parmi les Premières Nations, environ une personne sur cinq peut soutenir une conversation dans une langue autochtone

En 2011, 191 010 Premières Nations ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone, soit 22,4 % de la population des Premières Nations. Cette proportion était inférieure de 5,6 points de pourcentageNote de bas de page 10 au nombre déclaré lors du Recensement de la population de 2006. Entre 2006 et 2011, le nombre de personnes des Premières Nations ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone a diminué de 1,8 %, tandis que le nombre total de personnes des Premières Nations a augmenté de 22,9 %.

Les Premières Nations ont déclaré plus de 60 langues autochtones dans lesquelles elles pouvaient soutenir une conversation. Les langues autochtones les plus fréquemment déclarées par les Premières Nations étaient les langues criesNote de bas de page 11. Environ 87 600 Premières Nations ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une de ces langues cries, suivis de 23 880 qui ont déclaré l'ojibwé, 11 135 qui ont déclaré l'innu/le montagnais, 10 725 qui ont déclaré le déné et 10 120 qui ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en oji-cri. Ces cinq langues autochtones représentaient 75,1 % de la population des Premières Nations ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone.

Les Premières Nations qui ont déclaré avoir le statut d'Indien inscritNote de bas de page 12 étaient plus susceptibles de pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone que celles qui n'étaient pas des Indiens inscrits. En 2011, 29,2 % des 637 660 Premières Nations ayant le statut d'Indien inscrit étaient capables de le faire, comparativement à 2,2 % des 213 900 Premières Nations qui n'étaient pas des Indiens inscrits (tableau 5).

En outre, 44,7 % des Premières Nations ayant le statut d'Indien inscrit et vivant dans les réserves ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone, une proportion trois fois supérieure à celle de 14,1 % parmi les Premières Nations ayant le statut d'Indien inscrit et vivant hors réserve.

Moins de 3 % des Métis peuvent soutenir une conversation dans une langue autochtone

En 2011, 11 255 Métis, ou 2,5 % de la population métisse, ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone, comparativement à 3,5 % selon le Recensement de la population de 2006. Entre 2006 et 2011, le nombre de Métis qui ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue autochtone a diminué de 17,9 %, tandis que la population métisse a augmenté de 16,3 %.

L'ENM a enregistré plus de 20 langues autochtones dans lesquelles les Métis ont déclaré pouvoir soutenir une conversation. Les langues autochtones parlées par le plus grand nombre de Métis étaient les langues cries, déclarées par 7 110 personnes. Suivaient 2 080 personnes ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation en déné, 940 en mitchif et 805 en ojibwé. Ces quatre langues autochtones représentaient 97,2 % de la population métisse ayant déclaré parler une langue autochtone assez bien pour soutenir une conversation.

Près de deux Inuits sur trois peuvent soutenir une conversation dans une langue inuite

En 2011, 37 615 Inuits, ou 63,3 % de la population inuite, ont déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue inuite (tableau 6). Dans le Recensement de la population de 2006, cette proportion était de 68,8 %. Entre 2006 et 2011, le nombre d'Inuits ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue inuite a augmenté de 8,6 %, un rythme plus lent que la croissance de 18,1 % de la population inuite.

La langue inuite parlée par le plus grand nombre d'Inuits était l'inuktitut. Environ 36 050 Inuits ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en inuktitut. Suivaient 675 Inuits ayant déclaré pouvoir parler l'inuinnaqtun, 625, l'inuvialuktun et 285, une autre langue inuite.

L'inuktitut représentait 95,8 % de la population inuite ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue inuite. Relativement peu d'Inuits (moins de 400) parlaient d'autres langues autochtones, comme le cri (150) et l'innu/le montagnais (95).

La proportion d'Inuits ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation dans une langue inuite était différente dans l'Inuit NunangatNote de bas de page 13. Pratiquement tous les Inuits (99,1 %) vivant au Nunavik pouvaient soutenir une conversation dans une langue inuite. Au Nunavut, près de neuf Inuits sur dix pouvaient parler une langue inuite assez bien pour soutenir une conversation dans cette langue.

Les Inuits vivant au Nunatsiavut (24,9 %) et dans la région inuvialuite des Territoires du Nord-Ouest (20,1 %) étaient moins nombreux à avoir déclaré connaître une langue inuite. À l'extérieur de l'Inuit NunangatNote de bas de page 14, un Inuit sur dix a déclaré parler une langue inuite assez bien pour soutenir une conversation.

Encadré 2 : Concepts et définitions

Capacité de soutenir une conversation
Voir la définition de « connaissance des langues ».
Identité autochtone
Le terme « identité autochtone » désigne les personnes ayant déclaré être des Autochtones, c'est-à-dire Première Nation (Indien de l'Amérique du Nord), Métis ou Inuk (Inuit) et/ou ayant déclaré être un Indien inscrit ou des traités, c'est-à-dire les personnes qui sont inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens du Canada et/ou ayant déclaré être membres d'une Première Nation ou bande indienne. L'article 35 (2) de la Loi constitutionnelle de 1982 précise que les peuples autochtones du Canada s'entend notamment des Indiens, des Inuit (sic) et des Métis du Canada.
Langue parlée à la maison
Langue que le répondant parlait le plus souvent à la maison ou de façon régulière (en plus de la langue parlée le plus souvent) au moment de l'enquête.
Inuit Nunangat
L'Inuit Nunangat est la patrie des Inuits du Canada. Elle comprend les communautés incluses dans les quatre régions inuites : Nunatsiavut (la côte nord du Labrador), Nunavik (Nord du Québec), le territoire du Nunavut et la région inuvialuite des Territoires du Nord-Ouest. Ensemble, ces régions englobent le territoire traditionnellement habité par les Inuits au Canada.
Connaissance des langues 
Indique les langues dans lesquelles le répondant peut soutenir une conversation. Les données sur la connaissance des langues sont basées sur l'évaluation du répondant de sa capacité de parler ces langues.
Langue maternelle
Première langue apprise à la maison dans l'enfance et encore comprise par le répondant au moment de l'enquête.
Dans les réserves
« Dans les réserves » comprend six genres de subdivisions de recensement (SDR) légalement affiliés aux Premières Nations ou aux bandes indiennes, c'est-à-dire réserve indienne (IRI), établissement indien (S-É) (sauf pour les cinq établissements du Yukon de Champagne Landing 10, Klukshu, Two and One-Half Mile Village, Two Mile Village et Kloo Lake), Indian Government District (IGD), terres réservées aux Cris (TC), terres réservées aux Naskapis (TK) et Nisga'a land (NL), ainsi que le village nordique de Sandy Bay en Saskatchewan.
Indien inscrit ou des traités (Indien avec statut)
Les Indiens inscrits sont les personnes qui sont inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens du Canada. Les Indiens des traités sont les personnes appartenant à une Première Nation ou à une bande indienne ayant signé un traité avec la Couronne. Les Indiens inscrits ou des traités sont parfois appelés Indiens avec statut ou Indiens statués.

Fin de l’encadré 1.

Renseignements supplémentaires

Des renseignements supplémentaires sur les peuples autochtones se trouvent dans les Tableaux de données de l'ENM, no 99-011-X2011026 à 99-011-X2011033 au catalogue, le Profil de l'ENM, no 99-010-X au catalogue, ainsi que dans la Série « Perspective géographique » de l'ENM, no 99-010-X2011005 au catalogue.

Pour obtenir des détails au sujet des concepts, des définitions, des univers, des variables et des termes géographiques utilisés dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, veuillez consulter le Dictionnaire de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-000-X au catalogue. Pour des explications détaillées sur les concepts et des renseignements sur la qualité des données, veuillez vous reporter aux guides de référence sur le site Web du Programme du recensement.

Note aux lecteurs

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 tout en maintenant la qualité des résultats, on applique une méthode qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l'arrondissement aléatoire, les estimations et les pourcentages peuvent varier légèrement entre différents produits de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, notamment les documents analytiques et les tableaux de données.

Comparabilité entre les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 et les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 : Les utilisateurs doivent faire preuve de prudence lorsqu'ils comparent les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 avec les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, car ces deux sources de données représentent des populations différentes. La population cible du questionnaire complet du Recensement de 2006 comprend les résidents habituels dans les logements collectifs et les personnes vivant à l'étranger, alors que la population cible de l'ENM les exclut. De plus, les estimations de l'ENM sont dérivées d'une enquête à participation volontaire, et elles peuvent par conséquent, comporter davantage d'erreurs dues à la non-réponse que les estimations dérivées du questionnaire complet du Recensement de 2006.

Remerciements

Ce rapport a été rédigé par Stéphanie Langlois, de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada, avec la collaboration de membres du personnel de la Division de la statistique sociale et autochtone, du Secrétariat des domaines spécialisés du recensement, de la Division de la géographie, de la Division des opérations du recensement, de la Division de la diffusion et de la Division des communications de Statistique Canada.

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